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15.04.2008

Le Fantastique

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Ce genre littéraire est un des ancêtres de la science-fiction. L’être humain a toujours eu besoin du mystérieux pour expliquer un monde qu’il a voulu teinté de rêve. Les mythes des religions polythéistes en sont un bel exemple. Mais la littérature fantastique proprement dîtes, prend son essor à la fin du XVIIIème siècle dans une Europe où la pensée des Lumières prend de plus en plus d'importance. En totale opposition avec le rationalisme, la confiance en des temps nouveaux et le mépris pour l'obscurantisme, elle privilégie le mystère à l'explication, la superstition au rationalisme et le Moyen Age aux temps nouveaux.

fri480.jpegL'auteur anglais Horace Walpole, en 1765, avec son roman Le Château d'Otrante constitue la première forme qu'ait prise le genre fantastique : le roman noir anglais. Walpole y dépeint des événements surnaturels qui se produisent dans un mystérieux château au cœur d'un Moyen Age mythique. Ann Radcliffe publie en 1794 The Mysteries of Udolpho. Les romantiques anglais, et les Victoriens, lui ont voué un culte. En France, Balzac, Dumas, Hugo, Nodier, Féval, Sue, Maupassant, Mérimée se souvinrent d'elle. On ignore ce qui a pu pousser cette petite bourgeoise à la vie ordinaire à raconter des histoires terrifiantes, qu'on appelle gothiques en Angleterre et noires en France parce qu'elles cherchent à provoquer la crainte chez les lecteurs.

Plus tard, Mary Shelley écrivit en 1818, lorsqu'elle avait 19 ans, un autre récit fondateur : Frankenstein ou le Prométhée moderne. Ce fantastique pittoresque cèdera vite la place à des œuvres plus tourmentées ou plus cocasses : celles d'Hoffmann et des autres romantiques allemands, sans oublier évidemment les contes d’Andersen et de Grimm, ou encore Perrault en France, jusqu'à l'atmosphère inquiétante des nouvelles de l'américain Edgar Poe. Ce dernier semble puiser dans sa seule imagination des atmosphères qui ne se rattachent souvent à aucun modèle littéraire préexistant, ce qui rend le contenu de ses nouvelles d'autant plus inquiétant.

Le récit fantastique est souvent raconté à la première personne, ce qui facilite l'identification du lecteur qui partage l'effroi et les interrogations du héros. Sa narration relève souvent du fantasme des personnages qui naviguent constamment dans le doute et la folie. Pour décrire les événements surnaturels, l'auteur utilise, en général, un vocabulaire de la perception, imagé de métaphores et de comparaisons. Cette littérature métaphorique présente un monde objectivement différent du nôtre, même si la description en reste souvent très réaliste, qui contient des éléments destinés à être interprétés symboliquement. Elle n'est pas destinée à provoquer la peur, puisque le monde décrit ne peut être pris pour le nôtre, mais à provoquer la réflexion ou à transmettre une idée. Le fantastique s'appuie, donc, sur l'apparition de l'inadmissible dans le quotidien, de l'irrationnel dans l'établi et ne donne pas au lecteur la possibilité de comprendre le phénomène grâce à des explications scientifiques.

Le fantastique est parsemé de grands thèmes dont le plus célèbre est certainement le vampire. Le Dracula de Bram Stoker, écrit à la fin du nosferatu-4.jpgXIXème siècle, donne ses lettres de noblesse au personnage du vampire. Quel que soit son sexe, il se caractérise par une grande beauté physique qui est renforcée par un magnétisme irrésistible et funeste. Cet être fantastique qui se nourrit de sang humain et vit éternellement constitue un mythe incontestable du fantastique, nourrissant notre imaginaire par leur grande richesse symbolique de mort et d'érotisme. Autres thèmes courants du fantastique : l'homme invisible, l'homme animal avec par exemple la lycanthropie (loup-garou), la possession comme dans l'exorciste, les spectres et autres fantômes (ghost story), les objets qui prennent vie (statue, portrait, …), les momies, le temps qui se fige, les pouvoirs surnaturels (télékinésie, télépathie, extralucide…).

Mettons l’accent sur deux auteurs important. Le premier est un noble irlandais (1878-1957), Lord Dunsany. Il a exercé une influence certaine sur le développement de la littérature de la fantasy. Il suscita la fascination de Julien Green qui voyait en lui un maître. Dans La fille du roi des Elfes, son roman le plus fameux, il décrit un pays où le temps ne semble pas exister. Les épisodes épiques sont contés dans une langue remarquable, et fortement teintée d’humour.

Le deuxième auteur sur lequel nous voulions attirer votre attention est un américain du début du XXème siècle, H.P. Lovecraft, disciple spirituel de Dunsany. Sans aucun doute un génie (nous vous conseillons vivement sa biographie écrite par Houellebecq, et préfacée par Stephen King.). Lovecraft écrit : « Toutes mes histoires, même si elles n’ont aucun rapport entre elles, se rattachent à une tradition, une légende fondamentale selon laquelle ce monde a autrefois été peuplé par les êtres d’une autre race ; adeptes de la magie noire, ils ont perdu leur emprise sur cet univers et on été bannis mais ils continuent à vivre au-dehors et sont toujours prêts à prendre possession de la Terre. ». Ses œuvres font le lien entre le fantastique et l’horreur comme genre, s'inscrivant dans le vaste registre des littératures de la peur. C'est à dire tout un ensemble de sous-genres reposant sur des émotions allant de la peur, en passant par la crainte, l'angoisse et ses interrogations, jusqu'à la terreur la plus grande. Parmi ces sous-genres du roman d'horreur on peut citer le roman de Terreur, d'Epouvante ou de Gore qui joue tous sur de subtiles nuances, principalement sur le degré violence. Le maître actuel de l’horreur est bien évidemment Stephen King. Dunsany et Lovecraft ont donc inspiré nombre d’auteurs dont un universitaire d’Oxford, le célèbre J. R. R. Tolkien, qui initiera le vaste monde de la fantasy.

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