16.04.2008

Steampunk

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Le mot Steampunk désignait initialement des oeuvres se déroulant dans le cadre du 19ème siècle victorien, en particulier à Londres où s'esquissaient les prémisses de la société industrielle. Un journaliste américain, Douglas Fetherling, l'a défini comme un genre qui imagine "jusqu'à quel point le passé aurait pu être différent si le futur était arrivé plus tôt", ce qui ressemble quelque peu à la définition de l'uchronie et à une imitation d'anticipation de l'époque. Néanmoins, le steampunk ne s'embarrasse pas de plausibilité scientifique, et n'a donc pas besoin pour exister du fameux point de divergence qui caractérise l'uchronie.

 

Le terme a été forgé en réaction à cyberpunk où le préfixe "cyber" serait remplacé par "steam" (vapeur en anglais) symbolisant le fer de lance de la technologie de l'époque. Le terme s'applique en fait, de façon plus large, à des oeuvres pouvant se dérouler en d'autres temps ou en d'autres lieux, mais possédant une ambiance proche de celle d'un 19ème de fantaisie, caractérisé entre autres par les technologies exagérées de la révolution industrielle : on y trouve de grosses machineries rutilantes et boulonnées, des roues dentées, bielles, leviers et des machines à vapeur grinçantes et crachotantes…Certains éléments technologiques de notre époque ou à venir y sont parfois ajouter, comme le calculateur de Babbage avec ses cartes perforées, l'ancêtres de nos ordinateurs, mais qui en réalité n'a jamais été construit du vivant de son inventeur.

D'inspiration gothique pour la plupart, les récits steampunk font souvent intervenir des personnalités célèbres tels que des poètes ou des écrivains, voire des personnages fictifs comme Sherlock Holmes, Frankenstein, Dracula, Dr Jekyll & Mr Hyde, Jack l'éventreur, etc. Parfois on y ajoute des notions du fantastique de l'époque.

A noter aussi l'utilisation quelquefois du terme de "gaslight romance'', considérée comme un synonyme de steampunk, mais utilisé exclusivement pour décrire des récits purement fantastiques se déroulant à l'époque victorienne et ayant une ambiance sombre et sub-romantique.

 

Cyberpunk

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Ce néologisme apparu dans les années 80, au moment des grandes avancées informatiques est composé de deux termes : cyber et punk.

 

Cyber pour cybernétique dont l’origine est kubernêtikê en grec, que Platon utilisait pour désigner le pilotage d’un navire, dans un sens dérivé, l’art de gouverner les hommes, notamment grâce aux nouvelles technologies.

Punk, signifiant sans valeur, se rapporte au mouvement culturel apparu dans la fin des années 70 aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, porteur d’une volonté anarchiste.

Le monde décrit dans un roman Cyberpunk est un monde ultra-technologique avec une informatisation à outrance. La cybernétique est devenue monnaie courante et chacun, par le biais de drogues ou de nanotechnologies peut à tout instant se brancher, via des implants neuronales, sur le cyberspace, un vaste réseau de réalité virtuelle.

 

Ce monde est dominé non plus par les gouvernements, mais par de grandes multinationales qui utilisent l’informatique, notamment les IA (Intelligences Artificielles), pour mieux asseoir leur dominance. Des pirates informatiques ou hackers se battent contre le totalitarisme technocratique de cette société et surtout de ses grandes institutions. Bien avant Matrix des frères Wachowski, le film de Ridley Scott adapté du livre de Philip K. Dick Blade Runner donne une bonne idée de l’ambiance de ce monde : un décor de mégalopole surpeuplé, très cosmopolite, sombre et pollué.cyberpunk_hacker_by_mercikos.jpg

Le mot cyberpunk a aussitôt été revendiqué, non seulement par les pirates, hackers, crackers mais aussi par certaines mouvances artistiques déjà orientées vers les nouvelles technologies vers la fin des années 70. Ces derniers revendiquent ou exploitent une forme d'expression dont les archétypes tournent autour des nouvelles technologies voire des mutations qu'elles entraînent pour nous et pour la société, jouant avec les notions de réseau, de biomécanismes, de body-art, de robotique…

Les auteurs précurseurs du genre sont Philip K. Dick, Daniel Galouye, John Brunner ou Michel Jeury.
Mais le cyber-punk apparait vraiment dans les années 80 avec William Gibson, surnommé le pape du cyberpunk, chef de file de la premiére génération du genre cyberpunk avec son roman culte Neuromancien. Plus tard, le brillant Bruce Sterling sera décrété comme chef de file de la seconde génération d'auteurs, ayant même eu la charge notamment, de diriger une anthologie censée représenter le genre : Mozart en verres miroirs, faite en collaboration avec Gibson.

Uchronie

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Le terme Uchronie est composé du grec U et Chronos signifiant respectivement non et temps et pouvant se traduire par "un temps qui n'existe pas". Ce terme fut inventé par Charles Renouvier en 1857 qui le présente comme une utopie dans l'Histoire ou une histoire apocryphe.

On distingue deux  sortes d’uchronie. Il y a celle que l’on nomme histoire alternative . Cette forme-ci désigne un récit où l’Histoire a été réécrite à partir d’un fait plus ou moins historique. Le roman phare de Philip K.Dick, Le maître du haut château (1961), en est un parfait exemple. L’auteur américain imagine les pays de l’axe gagnant la seconde guerre mondiale et mit en scène un monde qui, heureusement, n’existe pas. L’histoire se déroule aux Etats-Unis occupés pour moitié par les allemands et pour moitié par les japonais.

L’autre uchronie rassemble des œuvres qui décrivent soit des voyages temporels soit des mondes parallèles. Quelques fois, les deux formes d’uchronie sont utilisées. Il en va du roman de Sarban : Le son du cor (1952). Dans ce récit, un homme raconte à ses amis, un soir de 1949, comment, au début de la guerre, il réussit à s’évader du camps allemand où il était prisonnier pour se retrouver… en l’an 102 du Premier Millénaire Germanique, dans un univers futur où les nazis ont triomphé.

L’uchronie peut toucher à tous les autres genres de la SF : Fantasy, Steampunk, Cyberpunk…, car elle permet toutes les variantes possibles quant au déroulement de l’Histoire.

 

Hard-Science

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Le terme anglais Hard Science signifie science dure ou véritable. En littérature, la Hard Science est un genre de la science-fiction, dont la particularité est de mettre en scène un futur crédible à forte plausibilité scientifique, s'appuyant sur des technologies ou des inventions décrites avec une certaine rigueur.

 

Les auteurs de Hard Science inventent des histoires à partir de faits scientifiques qu'ils adaptent au monde crée, en respectant les connaissances admises voire en les extrapolant de manière rigoureuse. Parmi ces auteurs, on trouve de nombreux professeurs ou anciens professeurs d'université ainsi que des scientifiques reconnus. La plupart sont des spécialistes dans le domaine. Isaac Asimov et Arthur C. Clarke, considérés comme représentatif du genre, étaient respectivement docteur en biochimie et diplômés en physique et mathématiques. Certains scientifiques sont d'ailleurs devenus auteurs de Hard Science en cherchant à vulgariser leurs travaux de recherches.

 

Les thèmes favoris de ce genre, qui traversent toutes ces époques, sont les robots, les machines, la technologie, l'exploration spatiale, l’éthique de la science, la philosophie du progrès.

 

La science-fiction s’organise officiellement dans les années 20, grâce à Hugo Gernsback, fondateur de la première revue de SF. Celui-ci était férue de technologies et grand ami du brillant inventeur Nikola Tesla. La Hard Science se développe très tôt. Lors de l'age d'or de la SF, dans les années 40, le genre est à son apogée avec des auteurs comme Robert Heinlein ou Isaac Asimov. Mais l’une des étapes les

 

plus importante de la Hard Science est l’adaptation cinématographique en 1968 du roman d'Arthur C. Clarke, 2001, l'Odyssée de l'espace, par Stanley Kubrick.

 

Suivra la période de la guerre froide avec sa course à l'armement et les débuts de l'exploration spatiale, qui donneront les meilleurs récits du genre. Plus récemment, Gregory Benford, Bear, Frank Herbert poursuivront avec d'autres ce genre qui fut ralenti dans les années 70, période moins attiré par la technologie.

 

Space opera

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C'est en 1941 que le vétéran apprécié de la SF, Wilson Tucker, inventa le terme space opera, par esprit de dérision, pour désigner des aventures naïves. En effet, l'origine du terme est dérivée ironiquement des soap opera (opéra de savon) qui désignait, du temps de la radio américaine, les feuilletons mélodramatiques destinés à encadrer les réclames des grandes sociétés de détergents en tous genres.
Les récits de space-opéra racontent des aventures souvent teintées de fantasy comprenant de l'action, des découvertes et de l'exploration. On y trouve un immense décor, comme des galaxies soumises à des régimes impériaux ou dictatoriaux, de puissants protagonistes aux grands enjeux, des énormes flottes de vaisseaux spatiaux et une multitude d'extraterrestres ou de robots. Vastes sagas populaires, l'espace se développe au fur et à mesure de l'exploration de nouvelles planètes, de découvertes de nouvelles civilisations et de guerres galactiques.
Ce genre est à la fois prisé pour ses aventures trépidantes, ses horizons illimités et ses rencontres inattendues, mais aussi méprisé pour ses intrigues à peine démarquées des romans noires ou des romans de guerre, avec souvent le sort de l'univers entre les mains d'un super-héros. Frank Herbert, l'auteur d'une des plus célèbre saga de space opéra avec Dune a su déjouer les pièges de la facilité en retenant pour scène une seule planète sur fond certes d'imperium galactique mais en inventant des combinaisons inédites à partir d'éléments puisés dans un grand nombre de cultures. Le space opera domine la production littéraire de SF au cours de l'âge d'or mais commence à régresser dans les années 50. C'est à cette période que le space opera va se modifier et passer de la thématique de l'exploration purement géographique à celle du développement de l'espèce humaine.
Le cinéma va redonner ses lettres de noblesse au space opera avec le film de 1977 le plus représentatif du genre : La Guerre des Etoiles de George Lucas. De même, la télévision vulgarisera ce courant grâce à de nombreuses séries comme Galactica ou Star Trek.

Edmond Hamilton avec E.E. "Doc" Smith peuvent être considérés comme les pères du space opera. Le cycle d'Hamilton, Loups des étoiles, rythmé par le fracas d'immenses batailles spatiales, reste d'une étonnante modernité et propulse le lecteur à travers une myriade de planètes dangereuses, au contact de nombreuses races extra-terrestres et de secrets astronomiques vieux de millions d'années. "Doc" Smith, dans les années 40, avec Saga du Fulgur a fait évolué le genre progressivement.
Le genre a acquis ses lettres de noblesse avec des auteurs comme Frank Herbert, John Campbell, C. J. Cherryh, Iain M. Banks, David Brin et surtout Jack Vance qui l'éleva au niveau d'un art véritable.

L'anticipation

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Autrefois, le terme anticipation désignait les romans de Science-fiction, le terme n’étant apparu qu’en 1929. Cependant, aujourd'hui, même si c'est devenu un terme trop générique, le roman d'anticipation est un genre à part entière de la SF avec lequel on la confond souvent. Il projette le lecteur dans un temps futur, nécessairement fictif, imaginaire et conçu par l'écrivain selon ses désirs, ses craintes ou ses rêves propres. La caractéristique du roman d'anticipation est la crédibilité de cet avenir, sa vraisemblance car malgré l'irréalité et la fictivité du monde qui y est décrit, le but est d'ancrer le récit dans le réel, de le rendre crédible de façon à y faire entrer le lecteur involontairement, même malgré lui. Pour cela des détails sont empruntés à la réalité actuelle et quotidienne et des événements véridiques sont mélangés avec d'autres imaginés.

 

L’anticipation naît de la rencontre de trois traditions litteraires : le voyage imaginaire, l’utopie et les romans d’aventure. Comme son nom l’indique, il anticipe les faits à venir. Les auteurs participant à ce style doivent être visionnaires et apprécier les circonstances présentes pour en déduire par intuition et, avec plus ou moins de certitudes, ce qui se passera dans l’avenir. Ainsi il est possible si l’on est suffisament ouvert et à l’écoute de son temps prévoir cetains évènements futurs.  De nombreux écrivains et philosophes s’y sont essayés. L’avenir ne leur a pas toujours donné raison !

 

Aux origines de la science-fiction

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Les genres littéraires ne sortent jamais du néant. Leur genèse, longue et sinueuse, découle directement d’un environnement culturel et artistique spécifique.

 

De tout temps, des textes ont fait appel à l’imagination en lieu et place de la représentation du réel. Outre les récits mythologiques, comme L’ Iliade ou L’Odyssée d’Homère, nombre de textes de l’Antiquité décrivent d’autres lieux, d’autres êtres, d’autres sociétés. Ces pures œuvres d’imagination ne s’inscrivent dans le prolongement d’aucune connaissance scientifique et technique ; le merveilleux et le surnaturel y font loi. Depuis L’histoire véritable (180 ap. J.C.)  de Lucien de Samosate, les récits épiques d’aventures fabuleuses – le voyage extraordinaire – et les descriptions de sociétés différentes – les premières utopies – abondent.

 

A la Renaissance, l’imprimerie rend possible la diffusion du savoir. Une profonde mutation débute alors, et la science et la raison prennent le pas. Léonard de Vinci, puis Copernic, ouvrent la voie à Galilée, Descartes, Toricelli… Avec le Siècle des Lumières (XVIIIème), le monde n’a ph020002.jpgplus rien d’effrayant. L’idéologie du progrès entame son irrésistible ascension.

 

L’utopie refait alors son apparition avec l’anglais Thomas More. Rêve d’une société idéale, L’ Utopie (1516) est teintée d’une forte intention morale. Déjà, le rêve se teintait d’une patine scientifique dans La nouvelle Atlantide de Francis Bacon (1627) ou la Cité du soleil de Tommaso Campanella (1623). Autres utopies, L’An 2440 de Sébastien Mercier (1771), La découverte australe par un homme volant de Restif de la Bretonne (1781). Simple jalon vers la science-fiction, l’utopie n’appartient pas au genre : elle décrit le fonctionnement de mondes meilleurs, mais n’y situe jamais le devenir de l’homme et de la société. Il en va de même avec la tradition des voyages extraordinaires. L’Autre Monde, ou les états et empire de la Lune et du Soleil de Cyrano de Bergerac (1650) est un formidable livre burlesque qui masque à peine son attaque en règle des dogmes de la religion, de la morale et de la science. Point de science-fiction non plus dans les Voyages de Gulliver (1726) le pamphlet de Jonathan Swift contre l’idéologie de son temps. Pas plus que Micromégas (1752), une farce acide, où Voltaire étrille philosophes et savants en pastichant, avec ses visiteurs venus du fond de l’espace, la mode des Lettres persanes de Montesquieu.

 

Au XIXème siècle, le monde occidental bascule dans l’ère industrielle. Nouvel âge de grandes découvertes, plus rien ne semble impossible. Deux conceptions du progrès cohabitent : une idéologie historico-matérialiste qui vise à construire un monde meilleur par la révolution, et une idéologie positive et technologique qui vise à construire un monde meilleur par la science. Ecrivains, illustrateurs, peintres, architectes – on réaménage les villes –, et plus tard cinéastes – Georges Méliès dès 1902 – relaient la certitude d’un avenir radieux.  L’Europe, débarrassée de ses vieux modèles féodaux vit un âge d’or qu’elle importe sur toute la planète pour la façonner à son image. Jules Verne se lance alors dans un véritable projet pédagogique : doté d’une solide culture scientifique, il entreprend de diffuser tout le savoir dans des romans captivants où foisonnent les connaissances qu’il pimente d’humour et d’invention saugrenues et d’invraisemblance (Voyage au centre de la terre – 1864), anticipe sur les recherches en cours dont il dévoile les perspectives vertigineuses. Testé soixante-dix ans plus tôt, le sous-marin de Vingt mille lieux sous les mers (1870) est utilisé en 1864 pendant la Guerre de sécession. Verne est le principal artisan de la popularisation de « l’anticipation scientifique ».

 

Trente ans plus tard, H.G. Wells renouvelle totalement l’approche du genre. Il se concentre sur les répercussions du fait scientifique sur la image?id=61733&rendTypeId=4société en extrapolant autour des thèses darwiniennes et scientifiques. Il apporte ainsi la dimension scientifique que recèle le genre : le conflit de La Guerre des mondes (1897) s’inscrit dans le débat passionné sur la question de la vie sur Mars, initiée par l’observation en 1892 des fameux canaux de Mars. Wells y insère une réflexion sur les drames du colonialisme. Teintée d’un réalisme social à la Dickens, marquée par la question obsédante de l’évolution, son œuvre apparaît comme un contrepoint aux visions optimistes du temps.

 

Dans le contexte on ne peut plus favorable du XIXème siècle, ces deux écrivains sont les principaux artisans d’un genre littéraire dont ils forgent les codes, les symboliques et les significations.

 

D’autres avant Jules Verne ont tenté de défricher le même sillon. Mary Shelley publie en 1818 Frankenstein ou le Prométhée moderne, où la question de l’éthique et son impacte sur la société est posée. Poe aborde aussi la SF dans les Aventures d’Arthur Gordon Pym (1838). Cinquante ans plus tard L’étrange cas du Docteur Jekyll et Mister Hyde de Stevenson (1886) nous ramène aux mêmes interrogations que celles de Mary Shelley. L’auteur se réfère aux travaux de Jean-Martin Charcot, Bernheim et Breuer sur les maladies nerveuses et l’hystérie pour les poétiser, dix ans avant Freud… Nous ne sommes pas loin du côté obscur de la Force.

 

L'auteur français Rosny Aîné tient une place considérable parmi les maîtres du genre. C'est un grand romancier d'imagination, visionnaire et familier avec toutes les découvertes scientifiques de son époque. En 1887, il écrivit Les Xipéhuz conçus dans un axe de vision beaucoup plus audacieux que celui de Jules Verne, racontant l'histoire de la rencontre des hommes avec des extraterrestres d'origine minérale, les hommes finissant, faute de pouvoir les comprendre, par les massacrer. Mais le monde où Rosny Aîné régna, ensuite, sans rival est celui de la 3802.jpgpréhistoire avec son plus célèbre roman La Guerre du Feu écrit en 1909. Avec Jules Verne et Rosny aîné, un autre auteur Français, Maurice Renard (1875-1939), est un des pionniers de la science-fiction française. Ses oeuvres de merveilleux scientifique sont connue dans le monde entier.

 

Influencé par le Fantastique des Mérimée, Maupassant, Hoffman et autres, Bram Stoker écrivit en 1897 Dracula. Mais là, nous entrons dans un autre domaine de la SF qui nous mène au Fantastique moderne, à l’Horreur, ainsi qu’à la Fantasy.

15.04.2008

Dark Fantasy

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La Dark Fantasy désigne une fantasy pessimiste, un imaginaire ténébreux où les rôles par rapport à la High ou l'Heroic Fantasy sont inversés. C'est le Mal qui prend le dessus sur le Bien. La Dark Fantasy est un genre à la limite du fantastique et de l'horreur : elle inclut des éléments d'horreur comme les dieux ou les monstres abominables et met en scène la découverte de l'étrange sur fond de démence et d'ambiance cauchemardesque. Elle joue sur nos peurs, nos phobies, tout ce qui, intérieurement, nous terrifie.

La découverte de l'étrange dans les failles de la réalité.

Le thème le plus souvent exploité par les auteurs du genre est celui de la damnation et de l'antihéros. Les héros sont faibles, fatigués, aux limites cruellement soulignées mais trop curieux. Leurs aventures les malmènent et jamais ils ne connaissent le repos ou la lumière. Ils ne peuvent gagner et se trouvent, le plus souvent, dépassé par les événements, incapable de comprendre et de supporter ce qu'ils ont déclenché jusqu'à en perdre la raison si ce n'est la vie. Et si ils pensent avoir réussi leurs combats, c'est presque toujours pour s'apercevoir, plus tard, que cela faisait parti d'un plan plus vaste tramé par d'obscures forces, les condamnant à ne plus dormir où à souffrir les pires cauchemars.

Champion du mal ou de la perversion, ils en deviennent attachants car on ne peut éprouver que de la compassion et de la tendresse envers ces reflets sombres de nous-mêmes.

Les récits de Dark Fantasy se déroulent dans des univers parallèles où la vie quotidienne rassurante est séparée par de fragiles barrières des abîmes et de dimensions inconnues. Là-bas survivent, depuis des millénaires, des dieux et autres créatures horribles qui n'ont pas besoin de magie pour être sanguinaires. Le héros, par sa curiosité mal placée, va les découvrir et déchaîner leur colère infernale et être précipité dans les profondeurs les plus noires de son esprit.

L'auteur fondateur de la Dark Fantasy est certainement H.P. Lovecraft. Dans ses romans, il incite le lecteur à découvrir un univers peuplé de créatures et de phénomènes étranges et le plus souvent dangereux. Tous les symboles du mal et de la nuisance sont, alors, abondamment utilisés pour créer une aura de malfaisance comme l'utilisation fréquente de référence à de vieux manuscrits occulte, la plupart fictifs, comme avec le célèbre Necronomicon. Lovecraft fut le maître incontesté du genre et le digne successeur, inspiré, de Poe et Dunsany. De nombreux auteurs faisaient partie du cercle de Lovecraft, et ont donc subit son influence pour les univers baroques et cauchemardesques : Stephen King, Robert Michel, Leiber Fritz…

 

Urban Fantasy

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Les histoires de fantasy urbaine se déroulent dans notre monde contemporain, familier et banal des grandes villes avec leur architecture imposante, leurs banlieues anonymes et la solitude qui y règne. Quand l'homme est entré dans les temps moderne, il a rejeté le merveilleux le réduisant progressivement aux seuls mythes et légendes, le transformant en folklore. Le merveilleux a cependant survécu à la limite de notre monde rationnel souvent sous celui-ci comme dans le métro ou les égouts constituant un monde "souterrain". Le héros franchit la frontière qui sépare les deux mondes soit volontairement soit parce que des créatures extraordinaires surgissent et bousculent son quotidien.

La fantasy urbaine est un glissement insidieux vers le merveilleux grâce à l'intrusion dans le réel d'éléments surnaturels issus des mythes. C'est un retour à l'émerveillement de l'enfance devant les contes de fées mais avec des contes pour adultes où les fées sont parfois cruauté. Ce n'est pas de l'horreur ni du fantastique car il n'y a pas de rupture dans notre réalité : le merveilleux même effrayant nous est familier, il a toujours existé mais nous l'avons oublié et il nous faut simplement le redécouvrir.
C'est en quelque sorte la revanche d'un ancien monde rêvé sur un nouveau monde réalisé, la victoire des villes sur les forêts, le triomphe de l'industrie et de la technologie sur le conte et la tradition. La fantasy urbaine permet d'observer la perte de repères et la prise de conscience qui en résulte d'un individu immergé dans un milieu "naturel" et socioculturel dont il ignore tout en surface mais qui s'avérera être plus proche de ses aspirations profondes qu'il ne l'aurait pensé. C'est la confrontation de nôtre monde où tout n'est qu'apparence et hypocrisie et du monde d'en "bas" pas vraiment meilleur, mais plus excitant car plus dangereux et étrange. La fantasy urbaine subit progressivement l'influence du réalisme magique, qui lui apporte problématique et réflexion sur la société sur divers domaines.

Light Fantasy

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La Light Fantasy est une fantasy pour enfants et adolescents, voire adulte lorsqu'elle fait appel au burlesque. Le ton est léger et le plus souvent humoristique. Les héros sont enfantins et vivent des aventures dans des univers fantastiques où la magie est plus amusante que effrayante. C'est le genre qui, cette fois, se rapproche le plus du terme français de "fantaisie".
La parodie est le procédé le plus souvent utilisé. C'est une fantasy burlesque et distrayante qui n'hésite pas à tourner en dérision les autres genres de la fantasy et particulièrement de l'heroic fantasy en maniant les clichés traditionnels pour verser dans l'humour qu'il soit critique ou parodique. Elle nous enchante par son apparente simplicité et ne se prend pas au sérieux. Les histoires nous sont livrées sur un ton léger et où les héros ne sont pas de puissant guerriers luttant contre le Mal. La magie et les pouvoirs magiques en général sont plus ou moins bien maîtrisés et sont plus amusants qu'impressionnants ou inquiétants.
La Light Fantasy est plus faite pour les enfants. Les héros sont souvent des enfants comme dans Harry Potter , Alvin le faiseur ou Alice au Pays des Merveilles. Ils y subissent les tourments d'une génération que leurs anciens ont créés comme les malédictions. L'univers fantastiques et délirants, plein de non-sens, est le cadre d'aventures terribles ou drôles avec un tragique latent toujours tempéré par l'humour.

Aujourd'hui, l'œuvre incontournable de la Light Fantasy est celle de l'anglais Terry Pratchett, qui avec Les annales du disque monde, commencé en 1983, se révèle être un grand humoriste de la fantasy. Dans ses récits, il aime mettre en scène ses délires les plus fous et caricaturer le genre dans un univers fourre tout. Les histoires se passe sur un monde plat en forme de disque porté par quatre éléphants, eux même posés sur le dos d'une gigantesque tortue voguant dans l'espace ! Les livres sont bourrés de références et d'allusion aux grandes histoires qui ont bercées notre enfance et malgré 26 tomes, Pratchett arrive toujours à se renouveler au plus grand bonheur de ses nombreux fans. Le succès de la série est aussi lié à l'excellent travail de traduction de Patrick Couton qui reçu, pour cela, le grand prix de l'imaginaire en 1998.